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L'opération "CHILDREN RESCUE" C'était le nom de l'opération de L'Arche de Zoé en 2007, pour venir en aide aux enfants orphelins du Darfour. Cette opération inédite et d'une importante envergure (plus de 200 personnes sur le terrain, 260 familles d'accueil mobilisées en France et 660 000 € de budget) était destinée à regrouper des enfants orphelins de la guerre au Darfour puis à les évacuer en France pour les mettre à l'abri des conflits et des massacres de masse. Plusieurs vidéos de cette opération ont été réalisées de août à octobre 2007 (par Marie-Agnès Peleran, Christophe Letien, Emilie Lelouch et Eric Breteau). Mais après l'arrestation des 6 membres de L'Arche de Zoé au Tchad le 25 octobre 2007, les autorités françaises et la chaîne de télévision France 3, qui disposaient de ces images dès le début du mois de novembre, ont décidé de garder ces vidéos "au secret", afin que personne ne puisse entendre et comprendre le discours de L'Arche de Zoé. Seules quelques images en avaient été extraites (et détournées de leur sens) à l'occasion d'un montage pour faire un reportage, "Pièce à conviction", mais la façon dont elles ont été montés servait essentiellement à démontrer coûte que coûte la culpabilité de L'Arche de Zoé (par l'artifice d'une "voix off" enregistrée à postériori), plutôt qu'à offrir une description objective du déroulement de la mission. Voici donc (dans l'intégralité des scènes) ces vidéos "secrètes"... qu'il ne faut surtout pas voir... C'est défendu !!!
L'origine de l'opération : Après une mission de reconnaissance au Darfour en avril 2007 qui met en évidence l'impossibilité de mettre en œuvre une opération concrète d'assistance aux enfants du Darfour compte tenu de l'état de guerre et de la pression délibéré des autorités de Khartoum sur les organisations humanitaires, Eric Breteau, président de L'Arche de Zoé et chef de la mission "Opération Darfour", explique l'origine et la motivation de cette opération.
(Intervention publique sur Radio-France le 25 juin 2007)
(Interview d'Eric Breteau au Tchad en septembre 2007)
Le montage de l'opération : L'Arche de Zoé consulte plusieurs avocats pour s'assurer de la légalité de sa démarche. Malgré son caractère original et anticonformiste, cette opération est non seulement légitime au regard de la situation des enfants du Darfour mais également parfaitement légale au regard de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, de la convention de Genève de 1951 et de la Convention Internationale des Droits de l'Enfants de 1989.
L'Arche de Zoé diffuse sur internet un premier communiqué le 28 avril 2007, cosigné par Sauver le Darfour. (Téléchargez le communiqué du 28/04/2007 en cliquant ici). Un second communiqué est diffusé le 18 mai 2007 et précise les grandes lignes de l'opération. (Téléchargez le communiqué du 18/05/2007 en cliquant ici). A l'époque, de nombreux articles de presse sont consacrés à cette opération considéré comme "originale". (articles à télécharger) De juin à septembre 2007, de nombreuses réunions sont organisées à travers toute la France pour mobiliser en urgence des familles d'accueil bénévoles pour les orphelins du Darfour. Plusieurs centaines de familles répondront à cet appel, et formeront un réseau de 259 familles d'accueil qui s'organise alors en association loi 1901 et constitue, le 16 juillet 2007, le COFOD (COllectif des Familles pour les Orphelins du Darfour). Le conseil d'administration de cette association est notamment composé de : - Président : Philippe Van Winkelberg, Médecin. - Vice-président : Alain Péligat, Enseignant. - Vice-présidente : Marie-Agnès Peleran, Cameraman à France 3.
Le 1er juin 2007, L'Arche de Zoé informe par écrit le nouveau Ministre des Affaires Etrangères français, Bernard Kouchner, puisque ce dernier avait fait officiellement du Darfour la priorité de son mandat... Son conseiller convoquera Eric Breteau le 4 juillet pour obtenir plus d'informations sur cette opération. (Téléchargez les courriers en cliquant ici). Une semaine plus tard, le président de L'Arche de Zoé rencontre un conseiller de l'Elysée pour lui présenter le projet d'opération. Celui-ci suggère de solliciter Cécilia Sarkozy pour accueillir les enfants en France et ainsi renforcer la médiatisation de l'opération comme Cécilia a su le faire dans l'affaire des infirmières bulgares ! Le dossier complet (52 pages) est transmis en "haut lieu"... Dans le même temps, L'Arche de Zoé informe les Ministères de la Justice et de l'Intérieur afin de préparer l'arrivée des enfants en France. Après avoir validé l'aspect juridique de l'opération, organisé un réseau de familles d'accueil, lancé des appels aux dons pour financer l'opération et informé les autorités françaises, L'Arche de Zoé lance une deuxième mission de reconnaissance au Tchad, à la frontière du Darfour, en août 2007. Christophe Letien, logisticien de L'Arche de Zoé, Emilie Lelouch, responsable du suivi des familles d'accueil et coordinatrice de la mission à Adré, ainsi qu'Eric Breteau, participeront à cette reconnaissance de terrain. A l'issue de cette mission de reconnaissance, L'Arche de Zoé organise une assemblée générale du réseau des familles d'accueil le 8 septembre 2007 à Valence (26), qui réunit plus de 500 personnes, pour présenter le projet dans son ensemble et le faire valider. Deux avocats et plusieurs juristes participent à cette assemblée afin de valider les différents aspects légaux de cette opération. L'assemblée des familles d'accueil valide le projet d'opération et assure un complément de dons à L'Arche de Zoé, ce qui permet le financement entier de l'opération. Pour assurer un maximum de sécurité à cette opération très risquée sur une zone de guerre, L'Arche de Zoé décide de ne pas communiquer le lieu d'implantation de l'opération (à l'Est du Tchad), les moyens de transport utilisés (évacuation aérienne) ni le nom d'emprunt de L'Arche de Zoé (Children Rescue) à la frontière du Darfour afin de conserver l'anonymat vis à vis de la Sécurité Soudanaise. Le 09 septembre 2007, L'Arche de Zoé lance donc son opération "CHILDREN RESCUE" dans l'est du Tchad et déploie pendant 6 semaines plusieurs équipes d'intervention composées au total de : - 10 sapeurs-pompiers - 5 médecins urgentistes - 8 infirmières - 2 logisticiens - 3 pilotes d'avion - 3 journalistes - 2 coordinateurs - Plus de 200 personnel local, tchadien et soudanais - 2 tonnes de matériels et un avion Piper Cherokee Six. D'autres moyens logistiques seront utilisés en complément (un avion Cessna 150, la logistique avion et moyens terrestres de l'armée française déployée au Tchad, des tentes et des matériels du HCR, des médicaments de l'OMS ainsi que des produits de re-nutrition pour enfants de l'Unicef, et un Boeing 757 de la compagnie espagnole GirJet).
(Les photos diffusées sur ce site ont été réalisées par les membres de l'équipe au cours des opérations)
Les équipes de L'Arche de Zoé s'implantent à l'Est du Tchad, à Abéché (120 km du Darfour) et à Adré (2 km de la frontière du Darfour).
Les deux cartes ci-dessous répertorient les incidents de sécurité à l'est du Tchad (carte de gauche) et les attaques de villages du Darfour (carte de droite). L'implantation de L'Arche de Zoé à Adré, où plus aucune ONG ou agence onusienne n'ose s'installer compte tenu de l'insécurité, est le seul moyen de s'approcher au plus près des populations martyres du Darfour.
(Sources UN-OCHA, avril 2007)
C'est donc à Adré qu'Emilie entre en contact avec des chefs de villages du Darfour et recherche des enfants orphelins du Darfour... La vidéo ci-dessous montre Emilie en situation avec des chefs darfouris. La scène se passe en présence d'un représentant du Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies (homme avec la casquette bleue UN-HCR) et d'un officiel tchadien (homme à la chemise bariolée et talkie-walkie à la main). Un des traducteur de Children Rescue explique clairement que nous recherchons des orphelins de père et de mère, originaires du Darfour, qu'ils seront pris en charge définitivement et qu'ils partiront à Abéché puis en France... Pour des raisons de sécurité de la mission, l'imminence de l'évacuation (dans le mois qui suit) n'est pas évoquée avec les chefs soudanais, mais la notion d'évacuation définitive des enfants pour les mettre à l'abri de la guerre est sans arrêt abordée et expliquée et tous l'ont très bien comprise et admise.
L'arrivée de deux des 103 enfants, Maki et Moussa, à la base d'Adré de Children Rescue :
Quelques enfants, les premiers orphelins du Darfour pris en charge par Children Rescue, sont à la base d'Adré :
Un aperçu des procédures mises en place par Children Rescue :
La vie des enfants sur la base d'Abéché de Children Rescue :
La prise en charge médicale par Children Rescue :
Abdelaziz est un petit garçon tchadien de 6 mois, c'est le fils d'une des cuisinières de la base d'Adré. A notre arrivée en septembre, cet enfant était dans un état de dénutrition très sévère et se trouvait en réel danger de mort imminente. Il faudra toute l'énergie de notre équipe d'Adré, avec le soutien de notre équipe médicale d'Abéché, pour prodiguer à cet enfant des soins et un protocole drastique de renutrition, afin de le sauver. Mais ces efforts n'ont pas été vains puisque Abdelaziz est encore en vie aujourd'hui (septembre 2008) grâce à l'équipe de Children Rescue :
Sur la base d'Adré de Children Rescue, Emilie accueille chaque jour les chefs de villages et les nombreux enfants qui nous sont présentés. Elle réalise un travail minutieux d'investigation pour s'assurer de l'origine et du statut d'orphelin de chacun des enfants. Grâce à ce travail d'enquête, elle saura refuser tous ceux pour qui un doute existe sur leur origine soudanaise ou sur leur statut d'orphelin et qui ne seront donc pas pris en charge ni évacués. Elle refusera beaucoup plus d'enfants qu'elle n'en acceptera car notre objectif n'est pas de "faire du chiffre" mais seulement d'être certains qu'il s'agit bien d'orphelins du Darfour en situation de vulnérabilité. Le rôle de nos "messagers", qui ne sont pas nos simples traducteurs mais de véritables "guides", est de se renseigner partout dans les villages, et donc de traverser la frontière pour aller à la rencontre des chefs de village soudanais, afin de connaître les endroits où des orphelins seraient présents et non véritablement pris en charge. Le rôle des "messagers" est essentiel et extrêmement dangereux...
Sur la base d'Abéché de Children Rescue, là ou le gros de l'équipe d'expatriés sera pendant la mission, Eric accueille une équipe de relève :
Un village du Darfour vient d'être bombardé par l'armée soudanaise, Eric commente "à chaud" :
Le 20 octobre, Children Rescue a identifié et rassemblé une centaine d'enfants orphelins du Darfour. Les informations concernant la sécurité dans la région ne sont pas rassurantes, une attaque de la ville d'Abéché par des rebelles tchadiens est en cours de préparation (cette attaque aura effectivement lieu début novembre 2007) et c'est bientôt la fin de la saison des pluies, ce qui coïncide dans cette région avec une reprise des combats entre forces gouvernementales et forces rebelles. Il n'est donc pas possible d'attendre plus longtemps pour regrouper plus d'enfants, il faut organiser rapidement l'évacuation vers la France. Un Boeing 757 est alors affrété pour le 25 octobre au matin...
(photos de l'imposant Boeing 757 espagnol qui s'est posé sur la base militaire d'Abéché. En toute clandestinité ???)
Jacques, notre formidable pilote, commente l'opération le 23 octobre, à 48 heures du départ :
La question que l'on peut se poser aujourd'hui c'est de savoir pourquoi les médias n'ont pas diffusé ces vidéos en 2007 à l'époque de "l'affaire" ? Les réponses en page 6 : "La dérive des médias"...
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